Cette série de 15 photographies argentiques s’est construite après la lecture du livre d’Hélène Giannecchini «Un désir démesuré d’amitié» et par extension, d’une réflexion collective sur les notions d’amitiés et leurs définitions.

« Elles me faisaient rire et me surprenaient, ma pensée se précisait à leur contact et j’étais saisie par un mélange d’admiration et d’émotions quand je les regardais.
Alors, quand j’ai trouvé cette phrase gravée dans le sol, je me suis dit qu’elle était faite pour nous, que ce désir démesuré d’amitié était le notre. »

J’ai voulu explorer l’ambiguïté de l’amour au sein des amitiés, toutes les ambivalences des groupes amicaux, le mélange de tant de questions que l’on se pose sur la définition d’une amitié, ce qu’on y cherche et ce qu’on y trouve.
Je n’ai trouvé aucune réponse, mais j’ai pu entrouvrir une fenêtre sur l’intimité amicale dont je fais partie, j’ai pu rendre visible sa circulation, son fonctionnement.
Les photographies s’immiscent dans la fête, la notion de groupe, de communauté queer, de solitude, dans l’idiotie mais aussi les faiblesses.
En photographiant sans intention, sauf celle de l’observation, on pénètre dans le quotidien parfois banal d’un groupe d’amis queer. Mais c’est précisément cette banalité, ces moments parfois creux qui font «évènement» dans cette série.

Le désir d’amitié ce sont les amis qu’on n’a pas choisi, c’est le hasard d’un plan de classe. C’est le refuge où on ne veut pas toujours aller, c’est l’énergie dont on a parfois envie de se détacher. C’est l’imaginaire du nuage de repos, c’est le havre d’apaisement social.
La définition et la notion du désir s’effacent pour laisser place à l’instinctivité et au besoin. Comme un élan strictement nécessaire.
Le désir d’amitié est une zone de troubles où les réponses ne se cherchent pas. Elles sont apportées dans notre chair, dans nos émotions et dans tout un spectre invisible qui flotte autour de nous.
On est jamais sûr, on ne sait pas, mais on y reste et on continue.

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